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La semaine prochaine, c’est le grand saut...ou plutôt le premier pas sur une route que je rêve d’emprunter depuis longtemps : me former aux techniques de maraîchage bio, à la culture de la terre, pour ensuite développer une filière de production locale de fruits et légumes dans le Périgord.

Pourquoi ce choix, cette envie de me lancer dans un domaine totalement différent de ceux que j’ai connus jusqu’à maintenant ?

Quelques mots sur mon parcours : Ingénieur commercial, j’ai travaillé 15 ans dans la consultance informatique pour des grandes sociétés dans divers pays. En 2004, une première pause carrière et déjà l’envie d’aller vers d’autres valeurs m’envoient sur les bancs de l’université pour me former à la gestion de l’environnement.

Depuis 6 ans maintenant, je tente d’intégrer la réflexion environnementale dans le développement des normes européennes, fonction qui me permet d’être aux premières loges en matière de législation et de décisions politiques en la matière.

Même si l’Europe et Bruxelles – pour faire court – ont un rôle à jouer dans les prises de conscience et l’évolution vers une société plus « durable », je me suis dit un jour que j’avais envie moi-même d’aller sur le terrain, de chausser mes bottes et retrousser mes manches.

"Be the change you want to see in the world" 

Quelle merveilleuse invitation à l’action que cette phrase de Gandhi ! Et bien, allons-y !

Depuis quelques années, beaucoup de rencontres, de lectures, d’échanges, de réflexions m’ont donné l’envie d’aller plus loin, d’être actrice d’un monde que j’aimerais tant voir changer.

Je pourrais citer en vrac le film de Coline Serreau « Solutions locales pour désordre global » et ses intervenants : Philippe Desbrosses – à l’origine de la Ferme Sainte Marthe, de cette formation bio et de l’association « Intelligence Verte », Claude Bourguignon et sa passion des sols, Vandana Shiva et sa lecture intelligente du rôle de l’agriculture, Pierre Rabhi et sa « sobriété heureuse » ; les livres de Jean-Marie Pelt, Jean-Marc Jancovici ou encore des visionnaires comme Lester Brown, Tim Jackson et Jeremy Rifkin qui appellent les dirigeants de ce monde - eux, par contre et pour la plupart, bien en manque de vision - à agir pour un autre mode de vie en expliquant l’urgence des défis qui sont à notre porte.

De toutes ces réflexions sont nées chez moi une profonde motivation et une réelle conscience à participer à un mouvement, une lame de fond citoyenne qui chaque année prend de l’ampleur et qui peut-être un jour ouvrira une vraie brèche dans notre société actuelle. Utopie, rêve…qu’importe. Allions le pessimisme de l’intelligence à l’optimisme de la volonté pour citer Antonio Gramsci.

Cette motivation a de multiples visages : un souhait de qualité de vie – alimentation saine, vie à la campagne -, un désir de retrouver le bon sens (et le goût !) en produisant local et de saison, un rejet de l’agro-business, de la grande distribution et autres entreprises chimiques que je n’ai, alors là, absolument pas envie d’enrichir et de faire fructifier. « David contre Goliath » me dira-t-on ; ce à quoi je réponds que je préfère être actrice que spectatrice, que je préfère m’indigner – c’est dans l’air du temps – que de me résigner.

Et si je ne devais retenir qu’une seule phrase parmi tout ce que j’ai lu, entendu, vu ces dernières années sur le sujet, je choisirais celle de Pierre Rabhi dans le film de Coline Serreau: « Cultiver son jardin est un acte politique » et où, sur son blog, il invite à une « insurrection des consciences ».

Alors voilà, je me suis donc inscrite à la formation bio de la Ferme Sainte Marthe en Sologne pour une période de 10 semaines et qui démarrera le 1er Mars prochain.

Je crée ce blog pour partager avec mes proches, amis, collègues et aussi les anonymes qui le visiteront, mes impressions, mes découvertes lors de ces semaines loin de Bruxelles, la ville où j’habite et je travaille.

Je vous souhaite bonne lecture.

A bientôt.

Bénédicte

Bruxelles, le 22 février 2012