PhotoLe week-end de Pâques aidant, un premier bilan à plus de la moitié du stage s’impose.

La fatigue commence à se faire sentir et témoigne d’une richesse des matières abordées et des journées qui s’enchainent: alimentation bio, étude des sols, luttes contre les ravageurs ou encore itinéraire cultural des principaux légumes pour n’en citer que quelques-unes.

Cours en salle, observation sur le terrain, travail du lopin, pratique du maraichage plein champ et de la traction animale, échanges sur les évolutions de notre société: toutes ces activités sont riches, parfois bien toniques et physiques et suggèrent questions, réflexions et envies d’en savoir plus.

On prend petit à petit conscience de la réalité du terrain, de la difficulté de jongler avec tous les facteurs à prendre en compte et qui, pour beaucoup, ne sont que peu contrôlables, surtout en agriculture biologique où un nombre très limité de moyens de lutte sont autorisés par rapport à l’agriculture conventionnelle.

La prévention, l’observation et la recherche d’’équilibre seront plus que jamais essentiels si l’on veut mener à bien une activité dans ce domaine.

Et puis, inévitablement arrivent déjà les questions de l’après-stage.

Pour certains, cette formation est une parenthèse, une envie d’ouvrir ses horizons; pour d'autres, l’amorce d’un réel changement de vie. De toute évidence, elle offre un formidable bagage pour aller vers son rêve: rêve de lieu, d’activité et de mode de vie,d’épanouissement personnel et surtout envie d’un autre monde.

50 jours, c’est à la fois long et court.

Long parce qu’à la fois, on se déconnecte de la réalité confortable et rassurante de son quotidien et qu'en même temps, on se retrouve plongé dans un autre environnement, avec un autre rythme et d'autres gens. La formation à Sainte Marthe est riche et intense par ses intervenants qui nous font partager leur expérience, leur parcours, parfois leurs déceptions et surtout leur passion.

Cependant, c’est aussi très court, parce que 10 semaines ne sont rien face à l’indispensable expérience qu’il nous faut acquérir pour connaître, ne fût-ce qu’un petit peu, la terre avec laquelle nous souhaitons travailler.

Nos propres réflexions avancent, mûrissent, évoluent, confirment ou infirment nos attentes et nos souhaits.


Et puis, le chêne bicentenaire de la ferme est là pour nous donner sa force et son énergie.

Une grande partie de la deuxième moitié du stage sera consacrée à notre « bio-réalisation », sorte de mémoire sur un sujet au choix.

Pour ma part, ce sera l’occasion de retracer mon parcours, de l’Ecole de Commerce Solvay de l’ULB aux champs du Périgord (pour faire court…), mes motivations et mes aspirations et plus concrètement le projet que j’aimerais mettre sur pied.

« Nous redeviendrons paysans » a écrit Philippe Desbrosses.

Par leurs compétences et leur passé professionnel, les nouveaux paysans, ceux qui rejoignent la terre sans aucune tradition familiale et avec énergie et passion, donneront un visage inédit à ce qui est – j’en suis convaincue – un formidable métier.

Bénédicte

Salbris, Loir et Cher, le 11 Avril 2012