Un an ! Voilà un an que j’ai commencé ce blog pour partager avec vous mon parcours de la ville à la campagne. Et Dieu, qu’est-ce que ça passe vite, une année !

Depuis mon stage à Sainte-Marthe, l’appel de la campagne et de la terre ne m’a plus quittée.

Les questions sur le moment, la forme, l’approche, le type de maraichage se sont bousculées et ont initié une longue réflexion, qui heureusement, ont abouti à des réponses concrètes.

Alors voilà. Je me lance ! Fin mars, je quitterai Bruxelles pour aller m’installer dans notre ferme à Saint-Sulpice d’Excideuil et devenir « jardinière-maraichère ».

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Le projet ? Préparer et cultiver en 2013 une parcelle relativement petite –environ 25 ares - pour         évoluer progressivement vers environ 1ha d’ici 2 à 3 ans.

Il faut du temps pour découvrir sa terre, l’apprivoiser, connaitre ce qui est bon pour elle.

C’est la découverte de Jean-Martin Fortier, jardinier-maraicher au Québec à la tête des Jardins de la             Grelinette qui m’a éclairée sur le choix d’un maraichage à taille humaine. Il vient de publier un bouquin extraordinaire, un manuel pratique d’agriculture biologique sur petite surface où il démontre qu’une micro-ferme de moins d’un hectare peut être une entreprise rentable et productive.

Et depuis, tout se met en place : description du projet, emplacement et  organisation des jardins, plan de semis et prévisionnel de cultures, investissements à réaliser la première année, équipement, outillage, contacts avec les principaux acteurs bio du Périgord, rencontres avec des maraichers pour les écouter et tirer parti de leur expérience.

Le projet peut paraitre fou, risqué aux yeux de certains pour un tas de bonnes ou de moins bonnes raisons. Je répondrais à cela qu’il me semble tout naturel, à moi, aujourd’hui, de vouloir (re)devenir paysan, de sentir le besoin et l'envie de se reconnecter à la Terre. 

La motivation, la passion et surtout le soutien de mon mari me donnent une énergie incroyable qui me fait croire à sa réussite.

Nous avons eu la chance ces derniers mois d’assister à des conférences, des colloques et d’écouter des gens qui ont fait ce choix, qui ont initié cette transition vers le monde d’après, qui réfléchissent et agissent vers d’autres modèles de vie, de société, d'autres types d’échanges.

Nous en sortons souvent avec cette même idée, ce constat récurrent : les doxas dominantes entretenues principalement par les médias verrouillent toute possibilité de « vrai » changement. A nous d'inventer, de créer autre chose. La créativité, l'énergie et la volonté sont des ressources inépuisables et permettent de faire de "grandes" choses.

C’est cette envie de rejoindre la forêt qui pousse et de ne plus écouter les arbres qui tombent qui nous encouragent à être acteur de plein exercice et de pleine conscience.

Pour terminer, je citerais Philinte dans le Misanthrope - merci au passage à Fabrice Luchini dans Alsceste à Bicyclette pour avoir partager ce texte de Molière si actuel - :

"...Et c' est une folie à nulle autre seconde
de vouloir se mêler de corriger le monde..."

A bientôt.

Bénédicte

PS : Ah oui…si vous trouvez un nom original pour mon activité de maraichage, je suis preneuse. Vos suggestions et idées sont les bienvenues. Je vous invite à les poster ici sur ce blog.

Merci !