_MG_6862

De retour à la campagne après plus de trois mois passés à la ville.

Ce qui frappe, c’est l’espace, la densité de l’air, le silence, le regard qui porte toujours plus loin, au-delà des arbres qui sont encore dépourvus de feuilles, comme si l’horizon s’était déplacé pendant notre absence.

Contente de retrouver la terre, de se ré-enraciner. La dormance et l’hibernation sont bien entendu indispensables parce qu’elles mènent à la réflexion, à une prise de distance et au recul nécessaires après des mois de « faire ».

Pendant ces trois mois, beaucoup de lectures, pensées, constats, échanges et discussions ont eu lieu autour d’une multitude de sujets liés à l’alimentation, la malbouffe, l’agriculture, les changements de parcours  et de façon plus large, la marche du monde.

Ce fut aussi l’occasion pour moi de partager avec mon entourage l’expérience de ce changement de vie. Est-ce que ça me plaît ? Pas de regret ? Est-ce rentable ? Le « modèle » peut-il être appliqué au plus grand nombre ? Etc…

Je ne me pose pas toutes ces questions. Je sais juste que c’est cela que je veux faire aujourd’hui, que j’ai l’intuition et une sorte de conviction que c’est une voie possible.

Susan George, en conclusion de son excellent livre « Leurs crises, nos solutions » exprime au mieux mon état d'esprit:

« …Je sais que je ne peux prédire ni savoir aujourd’hui – je ne le saurai probablement jamais – ce que peut être l’impact de mes actes. Peut-être n’en auront-ils aucun. On peut faire tous ses efforts pour ne pas laisser le monde dans l’état où on l’a trouvé en arrivant et n’avoir, malgré tout, aucune garantie de succès. C’est pourquoi je ne réponds jamais à la question : «êtes-vous optimiste ou pessimiste » ? Je ne suis ni l’un ni l’autre. Je ne connais pas l’avenir. Mais j’ai bon espoir, et je crois fermement que mon espoir n’est pas une question de foi. La foi peut réconforter, mais elle peut reposer sur l’illusion, l’irrationnel et l’impossible. Je préfère parler le langage de la raison, du sens et du possible et me dire : je pourrais écrire quelque chose ou toucher quelqu’un avec une idée ; je pourrais faire quelque chose, ou donner à d’autres envie d’agir à leur façon ; je pourrais être le grain de sable insignifiant mais crucial qui provoque la reconfiguration du système dans un ordre plus sain, plus vert, plus juste, plus civilisé et plus humain… ».

Le "grain de sable" me va bien...

La saison s'annonce

Et en parlant d’actes, quel programme pour cette année 2014 ?

IMG_3323

IMG_3338

Dans les grandes lignes :

L’installation d’un tunnel maraicher de 150 m² va modifier la donne pour ce qui est de la culture des légumes d’été : poivrons, aubergines, tomates, concombres seront au sec et au chaud.

Côté surface, on intensifie ce qui a déjà été cultivé – semis plus denses, meilleure succession des cultures, prolongation de la saisonnalité -, ce qui devrait permettre de produire beaucoup plus sur la même surface.

En ce qui concerne la commercialisation, outre les particuliers, restaurants, épiceries et maisons de producteurs déjà clients l’année dernière, les légumes seront vendus également à la restauration collective via l’antenne Périgord Vert de la plate-forme Isle Mange Bio. Je compte également rejoindre une « Ruche qui dit oui ».

Et puis des idées et des projets pour l'été: table d'hôtes dans les jardins ou encore participation à des marchés festifs...

Voilà. Les bottes sont à nouveau chaussées, les doigts et les ongles couverts de terre, la grelinette dans les « sillons blocks » et les mauvaises herbes (trop) nombreuses !

Je retourne dans mes jardins.

A très bientôt.